L'Orfèvrerie d'Anjou
Le magazine de l'orfèvrerie et des arts de la table
Accueil OrfèvrerieArts de la tableEntretienHistoire À proposContact
Orfèvrerie · Étain · Argenterie · Arts de la table
L'Orfèvrerie d'Anjou
Argenterie, étain, poinçons, entretien et histoire du métal sur la table
Accueil › Orfèvrerie et étain › L'étain : métal des potiers, de la table et des créateurs
Orfèvrerie et étain · Matériaux

L'étain : métal des potiers, de la table et des créateurs

L'étain : métal des potiers, de la table et des créateurs

L’étain a longtemps été « l’argenterie du peuple ». Assiettes, pichets, gobelets, écuelles : avant la diffusion de la faïence et de la porcelaine, il garnissait les tables de ceux qui ne pouvaient pas s’offrir de l’argent. Aujourd’hui, il revient chez les créateurs, qui aiment sa douceur, sa couleur grise et la facilité avec laquelle il se met en forme.

Un métal, plusieurs alliages

L’étain pur est un métal blanc grisâtre, très malléable, qui fond à basse température : environ 232 °C. Utilisé seul, il est trop mou pour faire des objets durables. On l’allie donc à de petites quantités d’autres métaux.

L’étain moderne destiné à la table est composé très majoritairement d’étain, avec un peu d’antimoine et de cuivre qui le durcissent. Il ne contient pas de plomb, et c’est la différence essentielle avec une partie des étains anciens.

Autrefois, en effet, le plomb entrait dans certains alliages, parce qu’il abaissait le coût et facilitait la fonte. Les potiers d’étain distinguaient des qualités selon la teneur, et les règlements de métier en encadraient l’usage. Mais un objet ancien d’origine inconnue peut en contenir.

Prudence avec les étains anciens

Un pichet ou une assiette en étain ancien est un très bel objet de décoration. Pour l’usage alimentaire, la prudence s’impose : en l’absence de certitude sur l’alliage, on évite d’y servir des aliments ou des boissons acides (vin, jus de fruits, vinaigrette) et on évite de les y laisser séjourner. L’étain moderne vendu pour la table, lui, est fabriqué pour cet usage.

Comment on travaille l’étain

Les potiers d’étain, nom traditionnel du métier, utilisent surtout trois techniques :

  • La fonte en moule. L’étain fondu est coulé dans un moule, traditionnellement en bronze, aujourd’hui aussi en caoutchouc silicone pour les petites séries. Les pièces complexes sont coulées en plusieurs parties puis assemblées.
  • Le tournage. Une pièce brute de fonte est montée sur un tour et reprise à l’outil pour obtenir une surface régulière, puis polie ou satinée.
  • Le repoussage au tour. Un disque de métal est mis en forme sur un mandrin en rotation, à l’aide d’outils qui le pressent progressivement.

L’assemblage se fait par soudure à l’étain. Les finitions vont du poli brillant, qui rappelle l’argent, au patiné sombre qui donne un aspect ancien, en passant par le satiné.

Les marques des potiers

L’étain n’est pas un métal précieux : il ne passe pas par la garantie de l’État et ne porte pas de poinçon officiel comme la Minerve de l’argent (voir lire les poinçons de l’argenterie). Les potiers apposaient en revanche leurs propres marques : initiales, symbole, nom de ville, parfois une mention de qualité. Ces marques aident les collectionneurs à attribuer une pièce, mais beaucoup d’objets n’en portent aucune.

Ce que l’étain apporte à la table aujourd’hui

Les créateurs contemporains apprécient l’étain pour plusieurs raisons :

  • sa couleur chaude et douce, moins froide que l’acier ;
  • sa facilité de mise en forme, qui permet des formes organiques difficiles à obtenir en argent ;
  • son coût, sans commune mesure avec celui de l’argent ;
  • ses possibilités de finition, du miroir au mat, et ses associations avec le bois, le verre ou des laques colorées.

On le retrouve sur des plateaux, des coupes, des seaux à champagne, des pieds de lampe, des bougeoirs, des accessoires du vin. Voir aussi l’orfèvrerie contemporaine.

Entretenir l’étain

L’étain se soigne simplement, à condition de respecter quelques interdits :

À faireÀ éviter
laver à l’eau tiède savonneusele lave-vaisselle
sécher aussitôt avec un chiffon douxles éponges abrasives
raviver un étain poli avec un produit adaptéles produits pour l’argent sur un étain patiné
dépoussiérer un étain patiné, sans plustoute source de chaleur directe : four, plaque, flamme

Le point le plus important est la chaleur. Avec un point de fusion aussi bas, un plat en étain posé sur une plaque de cuisson ou dans un four peut se déformer, voire fondre. On ne l’utilise donc jamais pour cuire ni pour réchauffer.

Un étain patiné ne se « nettoie » pas au sens où on nettoie l’argent : la patine fait partie de l’objet, et la retirer lui ferait perdre son caractère et une partie de sa valeur. Un simple lavage doux suffit. Un étain poli brillant, lui, peut être ravivé avec un produit spécifique pour l’étain, puis lustré.

Bosses et réparations

L’étain se bosselle facilement. Une petite bosse peut parfois être reprise par un artisan avec des outils adaptés ; une fente ou une soudure ouverte demande un vrai savoir-faire, car la marge entre chauffer et faire fondre est étroite. Mieux vaut ne pas tenter l’opération soi-même sur une pièce à laquelle on tient.

Cet article peut contenir des liens partenaires. Ils n'influencent jamais ce que nous écrivons.